La Région Aquitaine esquisse la libération de ses données publiques à travers des initiatives sur le périmètre des données géographiques et des services aux usagers.

1- Mise à disposition des données géographiques

Le GIP ATGERI (organisme regroupant plusieurs acteurs du secteur de l’aménagement du territoire en Aquitaine – Etat, SDIS, ONF, défense des forêts…) dispose d’un fond de données géographiques développé depuis 2005, date de sa création. La région Aquitaine s’est associée à ce GIP pour mettre en œuvre une plate-forme d’information géographique dans le cadre de ses missions d’aménagement du territoire. Concrètement les étapes du projet sont les suivantes :

- Achat groupé d’un ensemble de référentiels sous forme de licence étendue : droits d’utilisation illimités (hors utilisation commerciale et pour un nombre illimité d’utilisateurs) des « couches basses » pour la sphère publique, parapublique et le secteur associatif dans le cadre d’un marché public (photographies aériennes, bases de données géolocalisées des adresses, bases topographiques : bâtis, voies, hydrographie, altimétrie…) ;

- Réalisation d’un catalogue commun avec également les bases cartographiques d’autres acteurs publiques (communes) souhaitant les mettre à disposition. Par la signature de la convention, le bénéficiaire s’engage à porter à connaissance les données dont il dispose afin de participer à la dynamique régionale d’échanges d’informations géographiques (1 500 couches potentiels dans les conventions et 850 disponibles dans le catalogue actuellement) ;

- L’infrastructure étant encore artisanale, il s’agit d’implémenter des services web pour organiser le trafic des données entre leurs environnements d’origine vers Pigma (la visionneuse de données), car à ce jour le lien avec le propriétaire de la donnée est assuré par le GIP. L’analyse des offres est en cours au sein du GIP (réflexion notamment sur le choix de la solution sélectionné par l’Etat – Prodige). La plate-forme d’échange va être réalisée dans les mois à venir.

D’autres données auront vocation à alimenter Pigma (études/rapports).

Les données du conseil général de la Gironde et du conseil régional d’Aquitaine sont aujourd’hui encore, chacune physiquement, dans deux environnements distincts surtout pour des raisons culturelles (conserver la maîtrise de sa donnée…). Néanmoins, des réflexions émergent pour envisager un rassemblement des données des deux conseils dans un seul endroit physique (serveurs) en vue de leur valorisation via Pigma. Si les économies d’échelle sont évidentes, ceci est à l’état expérimental. La réforme territoriale en cours ralentit les processus de décision (requalification des compétences des collectivités, regroupement de communes…).

2- Services au citoyen

Le mouvement « open data » profite au citoyen grâce au développement de nouveaux services web. Le conseil régional d’Aquitaine travaille en réseau avec les pays d’Aquitaine et les acteurs du numérique. Plusieurs initiatives émergent :

- Des sites collaboratifs : opération de co-voiturage dynamique sur le territoire du pays de la Haute-Gironde. Il s’agit de proposer une offre de création de trajets en ligne en mutualisant le co-voiturage et les offres de transports publics. Ce projet va être conduit par un consortium d’entreprises en tant que maîtrise d’ouvrage dont l’une est issue de Cap Digital (Paris) avec sa solution Chronomove. Une agence web locale a acquis les droits d’exploitation, plusieurs acteurs locaux seront impliqués (acteurs des transports pour la mise à disposition des données). Le service ne sera pas uniquement disponible sur smartphone mais aussi sur des téléphones classiques fixes et mobiles grâce à des envois SMS, des alertes vocales… Un projet similaire a déjà été mené en Isère mais sans l’offre de transports publics et uniquement sur iPhone ;

- Des initiatives de « crowdsourcing » ou « crowdpatching » : projet « Visite » comme instrument de découverte du petit patrimoine d’Aquitaine (environ 18 000 fiches créées à ce jour), projet « Près de chez moi » qui ouvre en septembre 2011 et offre une carte dynamique des équipements en Aquitaine grâce à la mise en commun de bases de données issues d’organismes divers : extraction régionale de la base INSEE dont l’accord est en attente, bases de données de la direction de l’information légale et administrative (Dila) et autres bases de données de services pertinents (assistantes maternelles, notaires…. ) et avec lesquels il convient de travailler pour récupérer leurs données.

A la rentrée 2011, il sera proposé aux élus le lancement d’un appel à manifestation d’intérêt pour développer de nouveaux services sur les thèmes suivants : télétravail et les réalités autour (services de proximité), télésanté (mise en réseau des acteurs de la santé), valorisation du patrimoine, mise en réseau des acteurs culturels locaux, « open data ». Cet appel s’adressera aux acteurs publics et privés. L’idée est de les faire cheminer ensemble en co-maîtrise d’ouvrage.

S’il est vrai que le phénomène « open data » bouscule les modèles établis de l’action publique, la véritable question à laquelle il sera nécessaire de répondre au préalable est celle-ci : quel doit être le périmètre de l’action publique ? La région Aquitaine avance pas à pas, consciente des bénéfices potentiels mais également prudente à l’égard des chamboulements que cela occasionne. De nouveaux modèles restent encore à inventer.

Informations issues d’un entretien conduit par MARKESS International avec la Région Aquitaine

Alertes de l’administration N°11 – Vol.9